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L'hégémonie du succès ?

Publié le 19 Nov 2022 par Lucas E. Vincent.

Tags : nimportequoi

Je suis vraiment fasciné par les personnes qui parviennent à concevoir des grands projets, et à les mettre en oeuvre. Bordel, comment vous faites les gens ? C’est quoi votre secret ?

Quand j’ai une idée, souvent déjà c’est une idée de merde, tout au plus vaguement amusante. Ensuite, il faut quand même un état d’esprit super particulier pour parvenir à la conclusion que ladite idée mérite de dépasser le simple stade de la pensée fugace, de décider d’allouer du temps et de l’énergie pour la mettre à exécution. Et dans les rares branches de l’arbre des possibles ou cela se produit, il y existe encore tellement d’obstacles pour que ledit projet puisse être considéré comme fructueux, ou qu’il soit jugé digne d’être partagé.

Pourtant, le web en est rempli, de ces petits ou grands projets absolument géniaux, les ptites applis libres qui te changent ta vie, ou les thèses en sociologie qui représentent presque 10 ans d’une autre. Sur les réseaux sociaux, quels qu’ils soient d’ailleurs, c’est aussi vrai pour le Fédiverse que pour Facebook, ils sont omniprésents. Et c’est super frustrant, et culpabilisant d’une certaine manière. Vous voulez-pas laisser un petit-peu d’espaces aux gens médiocres, aux paumés et aux galériens ? Comment on fait nous ? Vous en avez pas marre de nous jeter votre succès à la figure ?

Bon okay, cette hégémonie apparente de la réussite est liée au biais du survivant, Sans-doute parle-t-on moins de ses échecs. Pourtant ceux-là sont vraiment structurant également pour les ptizètres que nous sommes (et parfois nécéssaire à la réalisation des-dits projets). Mais c’est chiant quand même.

J’aimais bien le Fédiverse, parce-ce que le contenu c’était essentiellement des ptits trucs nuls du quotidien, des ptits morceaux de vie, du moins dans ce que j’en percevais au travers mes abonnements. Maintenant y’a plein d’uber-gens qui étaient avant sur touiteur et qui partagent leurs réalisations ultra-stylés. Ceux dont c’est le métier, et ceux encore plus fort qui font des trucs de malaaaade sur leur temps libre, et argh, c’est trop dur de pas les suivre parce qu’ils font des trucs trop géniaux. Mais du coup y’a moins de place pour les pas uber-gens qui ont une vie compliqué et qui font pas grand chose de spectaculaire (je pense que parler de spectacle est approprié, mais j’ai pas la pertinence et l’érudition de Debord, hélas ).

Allez, sur ces quelques mots dignes d’une pensée de douche, bisous à ceux qui en chient dans la vie, notre petite revanche c’est l’absurde.